mercredi 28 mai 2014

Rencontre/Dédicace avec Vincent Gravé et Marcus Malte, le 06 juin 2014

Rencontre/Dédicace autour de « Il est mort le poète », en présence de Marcus Malte, Vincent Gravé et des éditions Les Enfants Rouges
Vendredi 6 juin 2014 au Bar le XXème à Cassis de 14h à 19h




Il est mort le poète

Antoine Simiac vole vers la victoire aux élections présidentielles. Brillant orateur, sa prose endiablée déchaîne la passion du peuple pour celui qu’ils ont renommé « le Poète ». Mais il meurt le poète, on le tue de trois balles dans le dos alors qu’il rentre chez lui. Son assassin, François Mastrado, est néanmoins rattrapé et emprisonné. 17 ans plus tard, alors que Mastrado vient d’être relâché dans la vie, le passé se ramène à lui sous les traits d’une jeune femme qui prétend être sa fille. Grâce à Zoé, petit ange brun sorti de nulle part, il va réapprendre à vivre, soulager ses déchirures pour mieux guérir de ses erreurs commises. Mais dans les alcôves du pouvoir, la mort d’Antoine Simiac est loin d’avoir livré tous ses secrets…

Marcus Malte a su avec brio adapter et transposer son roman aux exigences de la bande dessinée. Son script conserve toute la saveur d’un roman noir aux ramifications multiples. Evidemment on pense à une des pages les plus mystérieuses de l’histoire américaine.  Il y a du JKF/Lee Harvey Osvald  où les manipulateurs conspirent dans l’ombre du chevalier blanc pour mieux jouir du drame à venir. Malte y rajoute ce supplément d’humanisme et d’intimisme en rentrant dans le quotidien de cette relation père/fille improbable. Récit de confession et de rédemption, autres thèmes cardinaux du genre, « Il est mort le poète » s’apprécie comme une agréable balade mélancolique au gré des paroles de personnages profonds et attachants, tout en distillant quelques rebondissements bienvenus à  sa conclusion.  
  
« Il est mort le poète » c’est aussi une rencontre avec un artiste époustouflant. Dans un style qui doit autant à la peinture qu’au dessin, Vincent Gravé magnifie, planche après planche son sujet. Gros plans détaillés pour saisir la beauté de ses personnages, corps déformés par le mouvement ou les émotions, décors urbains esquissés, son trait sait prendre ses distances avec un réalisme académique pour insuffler ce supplément de personnalité et de sensations. Noir et blanc léché, encrage irréprochable, Gravé joue avec merveille sur les contrastes, travaille sa lumières au gré de ses ombres et et livre une prestation totalement immersive.



La dédicace

« Il est mort le poète » est la quatrième collaboration de Vincent Gravé avec les éditions Les Enfants Rouges, une relation qui s’est tissée dès le début dans le Noir. Mentionnons « Fausse Route » qui vient d’être réédité, mais également « Requiem pour un champion » ou « Petites coupures », deux albums où l’illustrateur a pu explorer un de ses milieux préférés, celui de la boxe. Artiste multiple qui aime autant se réclamer de la peinture d’Odile Redon que des photographies d’Henri Huet, Vincent Gravé sait aussi varier ses cheminements qui composent sa quête personnelle. Des explorations qui l’ont amené à retracer le parcours de Camille Claudel pour Glénat, ou plus récemment à visiter le monde merveilleux de la nature et de la biodiversité avec « Jardins des Vagabondes » chez Cambourakis. 
  
Nous vous invitons donc à découvrir au travers de ces albums les mille et un univers de Vincent Gravé. Celui-ci se fera un plaisir de les dédicacer dans le style qui le caractérise. Venez également profiter de la présence exceptionnelle de Marcus Malte qui signera ses romans publiés chez Gallimard, mais aussi de l’éditrice des Enfants Rouges dont le travail admirable et passionné a pu rendre possible cette rencontre.

La dédicace aura lieu de 14h à 19h au bar le XXème (avenue Victor Hugo) à Cassis. Les dédicaces se feront uniquement sur album. L'artiste présentera à l'occasion certains de ses dessins originaux, disponibles à la vente au prix de 100 euros (format A4). 

Pour tout renseignement supplémentaire n’hésitez pas à nous contacter par mail l.preambule@gmail.com ou téléphone au 0442013083

Venez nombreux !

Préambulement votre 

mercredi 29 janvier 2014

Rencontre/Signature avec Jean-Paul Curnier, le samedi 01 Février


Librairie Préambule / Bar du XXe siècle


Rencontre avec Jean-Paul Curnier
"Philosopher à l'arc"
Samedi 1er février à partir de 17h30 au bar du XXe siècle, 17 av. Victor Hugo - Cassis.

Philosophe et essayiste, Jean-Paul Curnier a produit de nombreux articles sur l’actualité, l’image, l’art, les médias. Il est aussi l'auteur d’ouvrages littéraires, de pièces pour le théâtre et la danse, de films et d’installations vidéo. Il enseigne également l’histoire de l’avant-garde et l’esthétisme à l'université d'Aix et à la Sorbonne. 



Les "Who" alimentent son inspiration musicale depuis l’adolescence.Ses maîtres à penser sont Edgar Poe et Victor Segalen. Dans son écriture il revendique la non-fiction et les petites moralités inversées... 
En témoigne son dernier opus : "Philosopher à l'arc".

Chasser à l'arc, c'est apprendre à disparaître. La portée courte des flèches oblige à s'approcher au plus près des bêtes. Il faut donc impérativement connaître d'elles tout ce qui peut s'en apprendre et en tirer les conclusions pour se rendre pratiquement inexistant pour elles. Mais, à cela, il y a une conséquence : à force de se rendre insignifiant, de quitter toute apparence humaine, on cesse aussi d'être soi. On devient, pour partie au moins, ce que l'on traque, ce que l'on voit. S'approcher au plus près des bêtes c'est fréquenter au plus près l'animalité ; sa propre animalité. Ce texte se présente comme un récit philosophique, réalisé à partir d'expériences sur un territoire champenois.

"Philosopher à l’arc... le titre désigne une autre condition, une autre expérience de la pensée à travers l’exercice de la chasse à l’arc. Aussi, très vite, la pensée dont il est question porte à la fois sur le fait de devoir tuer pour manger, et de savoir qui tue qui, étant donné les conditions particulière de la chasse à l’arc. Celle-ci implique une confusion, une sorte d’osmose entre la proie et le chasseur dont la trace dans les civilisations contemporaines n’a pas totalement disparu. La chasse à l’arc, du fait de la courte portée des flèches, implique un rapprochement maximal avec les proies. cela signifie d’une part une connaissance approfondie et presque intime des animaux mais aussi une faculté commune à une très grande partie des êtres vivants qui prend tout son sens ici pour le chasseur : celle du camouflage, du brouillage des apparences, de la discrétion absolue de soi. Jusqu’à ne plus exister que comme un animal, précisément. Se camoufler, ce n’est pas se cacher, c’est jouer avec les perceptions de l’autre, c’est troubler ses habitudes, introduire de l’incongru dans sa connaissance, souvent très étendue, de l’homme comme prédateur. Alors, l’expérience de l’arc devient une expérience décisive qui ne permet plus de retour en arrière et ne peut plus se contenter de faux-fuyants". - Khiasma


Rendez-vous donc samedi 1er février à partir de 17h30 au bar du XXe 
siècle.

Nous vous attendons nombreux
Préambulement vôtre

mercredi 11 décembre 2013

Rencontre/Signature autour de Cassis et de la peinture, le dimanche 15 décembre

Cassis, port de la peinture... présentation et signature du catalogue d'exposition avec Pierre Murat dimanche 15 décembre au bar le XXe à partir de 11 h



C'était, et c'est encore pendant quinze jours ... Marseille Provence- Capitale de la culture 2013. Entre autres manifestations, il y avait la superbe exposition « Cassis, port de la peinture. Au tournant de la modernité (1845-1945) », répartie entre deux sites, à Marseille et à Cassis dans les Salles Voûtées et le Musée Municipal, du 28 juin au 6 octobre 2013. L’exposition fit découvrir en Cassis un référent majeur de la peinture provençale, mais aussi l'un des lieux privilégiés où s’est inventée la modernité picturale et où ont afflué des peintres de tous horizons. Peu d’artistes majeurs ont manqué au rendez-vous que leur assignait ce petit port dont Mistral avait fondé la renommée.



«À Cassis, les peintres en été sont plus nombreux que des sauterelles», écrira Marcel Sauvage en 1926... Ses mots sont rappelés par l'historien de d'art Pierre Murat, en préambule du catalogue de l'exposition : Vertige du cap Canaille dont les rousses falaises plongent dans la mer d'huile aux reflets diamantés. Intimité du port peuplé de barques indolentes. Pittoresque du village aux façades d'ocre léchées par le soleil et baigné de tous les bleus du ciel et de la mer. Captivés par ses cadences, ses couleurs, sa lumière insolente, nombreux furent les peintres qui ont confronté leur art à ce paysage...

C'est donc une promenade picturale réjouissante et intimiste, avec Courdouan, Ponson, Olive, Crémieux, Garibaldi, mais aussi Friesz, Picabia, Camoin, Manguin, et encore Monticelli, Verdihan, Audibert, Seyssaud. «Nous avons voulu mettre en regard les peintres provençaux de l'école marseillaise, les apports révolutionnaires des cubistes et des fauves séjournant à Cassis, les novateurs locaux et des artistes étrangers, écossais et américains qui, des années folles jusqu'à la guerre, y ont puisé leur inspiration et ont répandu la réputation de Cassis. Sous leurs pinceaux, Cassis rompt la monotonie grandiose de son panorama de carte postale. Alangui par Garibaldi, éclaboussé d'or par Monticelli, recomposé par Ponson, soulevé par Olive, dramatisé par Seyssaud, ou rendu à son quotidien par Méheut, Cassis voit sa géométrie fluctuer au gré des styles», écrit encore Pierre Murat, responsable de l'exposition, qui présentera et signera ce superbe ouvrage dimanche 15 décembre au Bar du XXe à partir de 11 h. 



Nous vous attendons nombreux


Préambulement vôtre.


vendredi 22 novembre 2013

Les éditions Anne Carrière fêtent ses 20 ans le Samedi 23 novembre à Cassis


"Les éditions Anne Carrière" ... au Bar du XXème siècleavec Sibylle Grimbert, Marcel Rufo et la librairie Préambule
Samedi 23 novembre - à partir de 11 h 30.


« Notre maison d'édition fête ses 20 ans. Un âge raisonnable. Et pourtant ce métier n'est pas raisonnable. C'est un métier d'intuition, de passion. Un métier de passeur. L'éditeur est un passeur qui conduit un auteur et son texte vers la rive où l'attend le lecteur. Diriger une maison d'édition indépendante, c'est aussi se donner les moyens de remplir la mission numéro un d'un éditeur : découvrir de nouveaux talents, de jeunes auteurs qui seront, je l'espère, les grands auteurs de demain, mais aussi des récits, des témoignages de vie, des biographies, des essais sur le monde contemporain. Notre maison d'édition cherche à vous apporter du rêve, des émotions, des thèmes de réflexion, une ouverture sur la vie. » dixit Anne Carrière, fille de l'éditeur Robert Laffont. Depuis sa création en 1993, de nombreuses découvertes, dont Paulo Coelho ou Laurent Gounelle, plus récemment Robert Goolrick et Yannick Grannec, mais aussi des auteurs phares comme Patrick Graham ou Françoise Xenakis... 


Un beau file rouge où l'on retrouve également Marcel Rufo et Sibylle Grimbert qui seront présents à ses cotes demain à l'occasion de cet anniversaire. Marcel Rufo présentera son tout dernier livre "Tu réussiras mieux quemoi", un essai ayant pour thème : l'éducation - l'avenir de nos enfants, et par la même, portant sur la place, la répartition des rôles, des responsabilités de l'école et/ou des parents ... De quoi nourrir de nombreuses réflexions en pleine réforme scolaire Peillon. Sibylle Grimbert, elle, a publié un des très beau roman de la rentrée littéraire 2013. En toile de fond, l'affaire Bernard Madoff, grand financier déchu en 2008... Mais le sujet traite surtout de la complicité, de la lâcheté, de l'égoïsme, de l'ambiguïté d'une relation père - fils. Victime ou complice ? Aux dernières pages, le narrateur, comprenant que toute sa vie, son standing, sa position sociale, a été modelée par les mensonges de son escroc de père, se pose cette question : « De quelle langue se sert-on dans le monde où les choses sont vraies ? » Bonne question. A vous de vous faire une opinion.


Alors RENDEZ-VOUS SAMEDI 23 NOVEMBRE - 11H30 - au Bar du XXème siècle.

Nous vous attendons nombreux.

Préambulement vôtre.


jeudi 21 novembre 2013

Panini Comics (novembre 2013) : X-Men Universe 5 et X-Men 5

Suite de nos bilans et place aux séries mutantes qui étaient passées à la trappe le mois précédent. 

X-MEN UNIVERSE 5 


X-Men (vol 4) #3 : Brian Wood/Olivier Coipel


Attendu (un peu) comme le messie (en tout cas par moi) dans le magazine, le titre de Brian Wood arrive déjà à la fin du premier arc. Une première occasion de faire, sinon le bilan, du moins le point sur l'apport d'une série estampillée Megastar dans un magazine qui désespérait de voir débarquer un vrai poids lourd. Avec X-Men  c'est un peu l'histoire du verre à moitié plein ou à moitié vide. Clairement l'histoire ne démérite pas. On aime toujours autant voir se dépatouiller ce casting full-women, d'autant que les héroïnes sont décidément très sympathiques à suivre sous la plume de Wood. Que ce soit Malicia, Storm, Kitty ou Betsy, l'écrivain parvient chaque fois à exploiter leur potentiel en gardant le juste équilibre entre force et finesse pour ne jamais tomber dans une caricature genrée (et tous les ingrédients sont réunis pour se vautrer dans l'essentialisme sexiste). Néanmoins, Wood recycle des idées qu'il a déjà exploitées dans le précédent volume d'X-Men. On sent que l'écrivain aime les Archi ou Anté créatures en posant des menaces destinées à repenser la place de la race mutante sur notre planète. Une thématique extrêmement intéressante mais qui mériterait un développement conséquent. A voir donc si ce qu'avance Wood dans ce premier arc sera exploité. Si c'est le cas, il s'agira a posteriori de rehausser la qualité de cette série. Dans le cas contraire, autant conclure que nous sommes face une série efficace, mais pas inoubliable. Affaire à suivre. 

Savage Wolverine #5 : Frank Cho (tout seul comme un grand)


J'ose à peine vous avouer que l'absence de Savage Wolverine dans le magazine précédent m'a beaucoup peiné. Et oui, autant l'avouer suivre les aventures de Wolverine et Shannah en petite tenue dans une intrigue qui n'a ni queue ni tête a tout de ce petit plaisir coupable que nous, amateurs d'un mauvais goût assumé, affectionnons particulièrement. Bon, là, l'excitation retombe d'un sacré cran, parce que l'on se mange en pleine face les lacunes stylistiques de Frank Cho. Je comprends que l'intrigue n'est qu'un prétexte, mais lorsque j'ai l'impression de lire du Vaudeville dans du comics, je reste circonspect. Ce nouvel épisode est la foire au WTF où Cho expédie la présence de Hulk (qu'est-ce qu'il fout là déjà ?) pour l'expédier avec un rare irrespect (il manquait juste un sample de batterie pour appuyer le gag). Ok pour l'action décomplexée, mais même dans le n'importe quoi il faut un peu de structure. Plus qu'un épisode pour que Frank Cho range ses joujoux. On ne pourra pas dire que ce facétieux garnement va nous manquer. Je ne vous parle pas du dessin. Si vous aimez pour des raisons ... qui sont ce qu'elles sont, vous ne serez pas trop déçus, voire carrément contentés. 

Uncanny X-Force (vol 2) #5 : Sam Humphries/Adrian Alphona/Dexter Soy


Rien à faire, je ne parviens pas à aimer cette version Marvel NOW d'Uncanny X-Force. Tout simplement parce que je ne retrouve pas du tout l'esprit d'une série X-Force. Elle est où la violence impérieuse ? Il est où l'aspect X-Men Black ? Le titre de Sam Humphries souffre en permanence des inévitables comparaisons du fait de son casting. En choisissant un roster essentiellement féminin, impossible de ne pas penser à la série de Brian Wood dans le même magazine. Donc non seulement l'équipe de Psylocke ne tient pas la distance face à sa concurrente dirigée par Cable, mais en plus elle est bien mieux exploitée ailleurs. Et les épisodes sont longs, mais longs à avaler... Un numéro entier sur le voyage dans l'inconscient de Bishop sans que l'on comprenne vraiment où Humphries veut nous emmener. Enfin si, on comprend que Bishop en fait est très gentil, mais qu'est-ce que c'est mal exécuté...  Bref, une lecture à oublier. 

Age of Apocalypse #13 : David Lapham/Renato Arlem/Valentine de Landro


Les aventures de la Terre 295 arrivent bientôt à leur terme cher lecteur. Et le temps est venu pour David Lapham de souffler après un rythme jusqu'ici plutôt soutenu. L'épisode s'apprécie comme un véritable aftermath de la guerre Mutants/Humains. Lapham traite plutôt bien des conséquences de la chute d'Omega (Wolverine version E-295 si vous n'avez pas suivi) et des nouveaux équilibres politiques avec Monet/Pregnance et Stryker/Prophet en nouveaux leaders pragmatiques. Il n'oublie pas non plus la psychologie à fleur de peau de ses protagonistes qui ont traversé tant d'épreuves depuis l'avènement d'Apocalypse. J'ai beaucoup aimé les pages consacrées justement à Stryker, Wolverine et Jean Grey. En somme, Age of Apocalypse est arrivé à bon port, et je crois que c'était le plus grand défi que devait relever Lapham. Challenge accompli donc. Au dessin, c'est aussi dans la lignée des précédents numéros. C'est donc assez joli. 

X-Treme X-Men (vol 2) #12 : Greg Pak/Andre Araujo 


J'ai rien compris. Ne suivant pas la série de Greg Pak depuis la refonte des séries mutantes post-Schism, je n'ai rien compris. Ni aux personnages (ah tiens, Pak est toujours collé avec Hercule ?!), ni aux enjeux (les Xavier maléfiques). Une étrange et irréelle impression de lecture du début jusqu'à la fin de l'épisode. Sachez tout de même que le multivers est menacé (pfff....) et que des tas d'Apocalypse vont manifestement débarquer. On retrouve André Araujo, et je ne suis toujours pas fan de son trait. 

Bilan de la revue : très bizarre de juger d'X-Men Universe qui est trop tributaire de la forme de telle ou telle série. Ce n'est certainement pas un grand magazine, largement dispensable pour ceux qui souhaiterait s'intéresser à l'univers mutant. 


X-MEN 5 


All New X-Men #10-11 : Brian Michael Bendis/Stuart Immonen


Back to quality boys ! Le chiaroscuro joue à fond lorsque l'on passe d'X-Men Universe à ANXM. A chaque fois je crains le premier faux pas de Bendis, et à chaque fois ce dernier livre un sans-faute. Il nous offre à nouveau deux épisodes d'une qualité exceptionnelle. Alors certes, vous me direz que rien n'est vraiment extraordinaire en soi, mais tout est magnifiquement réalisé. On pourrait croire que Bendis soit dans la redite à force d'opposer anciens et nouveaux X-Men, mais chaque face à face apporte un nouvel éclairage à l'histoire et aux enjeux qui sont dépeints. Si l'on regarde bien  les actuels rapports de force mutants, trois groupes principaux s'opposent : l'école Jean Grey (Wolverine/Pryde), l'école Charles Xavier (Cyclope/Magneto) et la nouvelle confrérie (Mystique/Creed). Tous les mutants sont ainsi ballottés entre ces trois pôles, qui incarnent chacun une interprétation du rêve des fils de l'atome. L'heure est donc à la méfiance et à la scission. Je ne vous révèle pas un des twists principaux du numéro, mais la visite de Cyclope à l'école Jean Grey a fait des dégâts. La scène est d'ailleurs un modèle du genre. L'humour est présent (Bendis est très bon avec Quentin Quire), la tension est permanente, il y a de l'émotion à chaque page. Personnellement, je me suis surpris à prendre parti et j'avoue avoir trépigné avec Wolverine puis souffert avec la jeune Jean Grey. C'est vous dire le degré d'empathie que Bendis parvient à créer avec son lectorat tant ses personnages sont admirables (avec une mention spéciale pour Kitty Pryde et Jean Grey). Bref, je ne taris pas d'éloges sur ce pur chef d'oeuvre. Pour ne pas gâcher notre plaisir, le twist final est là pour nous rappeler que la montée en conflictualité ne fait que commencer. Je ne vous parle même pas des dessins stratosphériques de Stuart Immonen. Enfin si, je vous en parle pour souligner qu'Immonen a suivi le nouveau design des costumes créés par Bachalo pour Uncanny X-Men. C'est parfait pour la cohérence de l'ensemble, bref encore un défaut que l'on ne peut plus relever. 

Uncanny X-Men (vol 3) #5-6 : Brian Michael Bendis/Frazer Irving


Double-dose  d'Uncanny X-Men. Ces deux épisodes si situent directement dans la continuité d'ANXM #11. Bendis continue de croiser les deux principales intrigues de la série qui correspondent peu ou prou aux problèmes que rencontrent l'école Charles Xavier (c'est quand même gonflé comme nom...) en externe et en interne. En déclarant la "révolution mutante", Cyclope s'est en effet attisé les foudres de la plupart des gouvernements normalement constitués. On suit donc les effets de cette déclaration au sein du SHIELD qui se doit de réagir et de préparer ses propres pions. Mais clairement le numéro s'intéresse aux défis que rencontre le corps professoral de l'école. Tous les X-Men qui ont été possédés par la Force du ¨Phénix (dans AvX) voient leurs pouvoirs se dérégler. Quand c'est Cyclope ou Emma, le problème reste mineur. Mais lorsque Ilyana Raspoutine est touchée par le phénomène ce sont les enfers qui menacent de l'engloutir, elle, ses collègues et ses élèves. Voilà un petit peu ce qui anime ces deux numéros. Cela reste de haute volée et l'on ne s'ennuie guère tant le rythme est haletant. On retrouve aussi les points forts de Bendis qui s'est toujours révélé en maître dialoguiste. Que ce soit dans l'intime ou dans l'action de groupe, sa patte apporte ce petit plus qui enchante votre lecture. Il y a notamment un décalage assez plaisant entre la gravité de la situation (être coincé dans les Limbes hostiles) et le badinage qui anime nos personnages (mention spéciale aux X-Men Rassemblement !). Mais le point fort de la série tient à mon sens aux dessins de Frazer Irving. J'étais a priori peu chaud à l'idée d'abandonner Bachalo, mais là le ton beaucoup plus réaliste d'Irving sied bien mieux au pitch des épisodes que le style cartoony de son prédécesseur. Et quelle colorisation sainte mère !! Cela faisait longtemps que je n'avais pas pris une telle gifle graphique.

Cable and X-Force #8 : Dennis Hopeless/Salvador Larroca


La série la mutante la plus fun du moment. Hopeless a trouvé son rythme et son ton depuis quelques numéros et par là-même balaye les derniers petits défauts qui entachaient le titre. Dans ce #8, l'écrivain boucle son précédent arc pour définitivement installer l'esprit du X-Force version Cable. C'est futé (le plan est bien pensé), c'est réfractaire à toute forme d'autorité (Abigail Brand en fait les frais) et c'est bad assement jouissif. On sent qu'Hopeless adore ses personnages, et cet amour est communicatif. J'avais déjà un a priori positif sur Domino, mais là elle explose tout. J'apprécie aussi particulièrement le traitement de Colossus. Hopeless ne fait pas du Bendis puisque les failles post-AvX de Nikolaï sont surtout intérieures. Point de pouvoir défaillant mais une tristesse infinie qui mine notre mutant au grand coeur. Il fallait tort ou tard que l'homme de métal reprenne du poil de la bête, et l'écrivain a parfaitement rendu ce comeback. Dennis Hopeless est vraiment la révélation de Marvel NOW que je conseille de découvrir. 

Bilan de la revue : Incontournable, sublime, magistrale, choisissez le qualificatif que vous voulez pour décrire X-Men. Si vous n'avez pas encore acheté ce magazine, votre mauvais goût est suspect. 

Liste des Prix Littéraires 2013

Adieu rituel des prix littéraires, si l'on escompte quelques retardataires. Tout (ou presque) a été dit sur le cirque annuel qui monopolise notre attention automnale. A défaut d'un bilan (que je serais bien incapable de faire étant passé à côté d'une certain nombre d'oeuvres primées), je vous propose une liste pour que le lecteur puisse embrasser d'un coup d'un seul l'ensemble de la promotion 2013. 

Un léger regret néanmoins, le fait que Céline Minard n'ait reçu rien de mieux que le Prix de Style (que je découvre), alors que son fantastique et audacieux "Faillir être flingué" est probablement ce qu'il y a eu de plus enthousiasmant et de mieux écrire en littérature française depuis le mois d'août. 

PRIX LITTERAIRES 2013

Littérature Française

Prix Goncourt : Au revoir là-haut, de Pierre Lemaître (éditions Albin Michel)
Prix Renaudot : Naissance, de Yann Moix (éditions Grasset)
Prix Fémina : La Saison de l’Ombre, de Leonora Miano (éditions Grasset)
Prix Médicis : Il faut beaucoup aimer les hommes, de Marie Darrieussecq (éditions P.O.L)
Prix de l’Académie Française : Plonger, de Christophe Ono-dit-Biot (éditions Gallimard)
Prix Interallié : Moment d’un couple, de Nelly Alard (éditions Gallimard)
Prix Goncourt des Lycéens : Le Quatrième Mur, de Sorj Chalandon (éditions Grasset)
Prix de Flore : Tout cela n’a rien avoir avec moi, de Monica Sabolo (éditions JC Lattès)
Prix Décembre : La Réforme de l’Opéra de Pékin, de Maël Renouard (éditions Payot/Rivages)

Littérature Etrangère

Prix Fémina Etranger : Canada, de Richard Ford (éditions de l’Olivier)
Prix Médicis Etranger : En Mer, de Toine Heijmans (éditions Bourgois)
Prix Nobel de Littérature 2013 : Alice Munro (éditions de l’Olivier, éditions Points)
Prix du Meilleur Livre Etranger : L’Enfant de l’étranger, de Allan Hollinghurst (éditions Albin Michel)

Essais

Prix Renaudot Essai : Séraphin c’est la fin, Gabriel Matzneff (éditions de la Table Ronde)
Prix Fémina Essai : Dictionnaire Amoureux de Proust, de Jean-Paul et Raphaël Enthoven (éditions Plon/Grasset)
Prix Médicis Essai : La Fin de l’homme rouge ou le temps du désenchantement, de Svetlana Alexievitch (éditions Actes Sud)




lundi 18 novembre 2013

Bad Ass, T1

Bad Ass, T1


Ecriture : Herik Hanna
Dessins : Bruno Bessadi
Colorisation : Gaétan Georges

Accordez-moi quelques propos liminaires, même si l’exercice est rébarbatif, avant d’entrer dans le vif de la critique. Samedi dernier, l’association A l’Ombre des Bulles (j’en profite à nouveau pour les remercier) avait organisé une séance de dédicace/dessins autour de Mahmud Asrar, dans l’antre de la Bédérie (que je remercie également) à Aix-en-Provence. S’était au dernier moment greffé à l’événement un local de l’étape  en la personne de Bruno Bessadi, Marseillais de son état. Avec l’effervescence de l’événement d’autant que le bougre m’a dessiné un sublime sketch de John Constantine, bref, je n’ai pas pu résister à l’achat du tome 1 de Bad Ass. Une modeste contribution  au soutien du French Comics autant qu’un petit geste de solidarité professionnelle. Cette introduction me permet donc de vous avouer dans quel état j’étais au moment d’ouvrir mon Bad Ass dédicacé, le capital sympathie évidemment au maximum. On pourrait croire que l’euphorie rime avec l’indulgence, mais comme pour les drogues dures, attention à la descente.

Place donc aux planches et à ses enchevêtrements de bulles lettrées. Comment vous résumer ce premier tome ? Bad Ass vous narre les aventures de Jack Parks, alias Dead End, un des meilleurs représentants de cette profession dont la mission est de nuire un maximum à son prochain. Pour donner vie à son assassin, Herik Hanna croise deux sous-intrigues : la première s’intéresse au massacre perpétuel auquel s’adonne le « héros » dans le présent, tandis que la seconde remonte dans la jeunesse lycéenne pour décrypter les origines du bonhomme (mais comment est-il devenu aussi méchant ?). Autant dire que le script fait dans le délibérément classique, puisque ce premier volume sert avant tout d’introduction à l’univers de la série en se concentrant sur son personnage principal avec qui il s’agit de tisser les indispensables liens empathiques. Hanna la joue by the book, et compose une trajectoire là encore très classique, qui amènera un jeune boutonneux marginalisé à la stature de bad ass ultime, un rêve sans doute partagé par bon nombre de lecteurs. Je reste évasif sur les tenants et les aboutissements d’une telle transformation au risque sinon de vous spoiler certains des développements les plus savoureux de la série.

Si vous ne suivez guère l’actualité du comics outre-Atlantique et que vous n’êtes pas familier avec le système des sollicitations, sachez que l’éditeur américain Dynamite Comics a acheté les droits de Bad Ass et publiera le premier numéro en janvier 2014. Bruno Bessadi nous avouait d’ailleurs que le big boss de Dynamite était extrêmement enthousiaste sur le titre et en assurait la promotion comme le digne héritier de The Boys (dont Panini vient de nous offrir l’ultime opus, snif). « Faudrait pas pousser mémé dans les orties, monsieur Dynamite », pourrait-on objecter, et l’on aurait tort de le faire. Les ponts entre les deux séries existent bel et bien, puisqu’Hanna partage avec Ennis cette même envie de parodier et de malmener par l’entremise d’un anti-héros l’univers des super slibards. A la différence que si l’aversion d’Ennis pour tout ce qui porte du spandex est notoire, on ressent en revanche un attachement réel pour la culture populaire du côté d’Hanna. Si ce n’était pas le cas, son petit bébé ne serait pas à ce point une œuvre postmoderne. Bad Ass est sinon une œuvre sous influence, au moins sous références. Sans en dresser une liste exhaustive, ce premier tome cite Batman, la JLA, Green Hornet, Spiderman, The Authority, sans vous parler des clins d’œil à Dirty Harry, Duck Hunt, au mecha, DBZ, NBA Jam ou encore Fist of the Blue Sky et le hentaï.

L’avalanche référentielle peut tout aussi bien caresser l’amateur dans le sens du poil que le noyer jusqu’au coma geekique. Le problème tient surtout à l’identité propre d’une série qui ne vivrait que par les modèles qu’elle cite pour compenser son propre vide substantiel. En l’état actuel, je ne porte pas une telle accusation contre Bad Ass, et lui laisse le temps d’installer ses propres codes. Je n’ai surtout pas envie de briser par un pinaillage exacerbé le réel enthousiasme offert par cette lecture. Le rythme est trépidant dès la séquence d’intro (un modèle de transgression jouissive), on ne respire quasiment jamais, à l’exception de certains flahsbacks un poil plus posés. Il faut surtout saluer l’humour d’un auteur à la plume corrosive qui parvient parfaitement à exploiter notre patrimoine argotique. Il faut bien avouer que la série mérite bien son nom car rarement on n’aura vu une telle grande gueule enchaîner les punchline avec la régularité d’un AK47. Je ne peux évidemment pas taire l’apport artistique de Bessadi dont on sent qu’il s’éclate avec Bad Ass. C’est craspec quand ça doit l’être, c’est boobesque quand ça doit l’être également et ça assure les scènes d’action avec le dynamisme nécessaire. La maturité du titre est assumée visuellement et ça, ça fait vraiment plaisir.


Je n’ai donc que des bonnes choses à écrire sur ce premier tome. Je pourrais insister sur les petits défauts ici et là, mais ne boudons pas notre plaisir. Bad Ass vous procurera un intense moment de lecture et vous donnera la banane toute la journée. Vraie bonne série ou plaisir coupable ultra-référencé, l’avenir le dira. En attendant, soutenir le French Comics n’est pas une chose difficile quand la qualité est à ce point au rendez-vous.